C’est quoi, un homme ?

C’est une question qui plane, aussi vieille que le monde et pourtant toujours aussi actuelle. « C’est quoi, un homme ? » – trois mots qui claquent, qui résonnent, qui dérangent peut-être. Parce qu’au fond, la réponse n’est pas simple. Elle ne l’a jamais été.

Un homme, ce n’est pas juste une barbe qui pousse, une voix grave ou une paire d’épaules larges. Ce n’est pas un rôle prédéfini, un modèle figé dans le marbre des siècles. Ce n’est pas non plus un catalogue d’attitudes viriles qu’on récite comme un poème poussiéreux. Un homme, c’est plus que ça. C’est une âme qui navigue dans un monde qui a longtemps confondu force et dureté, vulnérabilité et faiblesse.

Un homme, c’est un être humain, d’abord.

Un cœur qui bat, des peurs qu’il cache, des rêves qu’il n’ose pas toujours dire à voix haute. Un homme, c’est quelqu’un qui vacille, parfois. Qui doute, souvent. Qui porte sur ses épaules l’héritage des injonctions – « sois fort, ne pleure pas, avance sans broncher » – mais qui, dans un coin de lui-même, aspire à autre chose. À la liberté d’être.

Un homme, c’est aussi un mélange de forces.

Il y a cette puissance brute, celle qui protège, qui construit, qui soulève des montagnes. Mais il y a aussi cette tendresse enfouie, comme un feu doux qu’il n’ose pas toujours montrer. Et pourquoi pas ? Pourquoi faudrait-il choisir entre être fort et être doux, entre tenir le coup et s’effondrer quand il le faut ?

Un homme, c’est un artisan de sa propre identité.

Il déconstruit, il reconstruit. Il marche sur des ruines parfois, celles des attentes qu’il n’a jamais demandées. Mais il avance. Être un homme, ce n’est pas répondre à un idéal, c’est trouver le sien.

Un homme, c’est celui qui ose aimer.

Aimer l’autre, aimer la vie, s’aimer soi-même, aussi. Parce que la tendresse, l’intimité, la connexion, ce ne sont pas des affaires de genres. Ce sont des affaires d’âmes. Et un homme, dans sa quête d’humanité, cherche lui aussi cette vérité-là.

Un homme, enfin, c’est un équilibre.

Un funambule entre l’ombre et la lumière. Il porte en lui son masculin et son féminin, deux énergies qui dansent et se complètent. Quand il les accueille, il trouve un chemin vers lui-même. Ce chemin, il n’est pas linéaire, pas tout tracé. Mais il est beau, parce qu’il est vrai.

Alors, « c’est quoi, un homme » ?

Peut-être juste quelqu’un qui cherche, qui tombe, qui se relève. Quelqu’un qui, au-delà des définitions, essaie d’être sincère.

Et ça, c’est déjà tout.

Virginie Giraud