Définition : sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée et sur la crainte de la perdre au profit d’un rival : être torturé par la jalousie.
Ah la vilaine jalousie, cette émotion qui peut nous faire fondre en larmes ou au contraire nous pousser à des colères irréfléchies dans nos relations sentimentales, amicales et même parfois professionnelles. Elle est créatrice d’isolement et de solitude profonde.
C’est quoi la jalousie ?
La jalousie est une émotion liée à nos peurs, nos blessures, notre manque de confiance et d’estime de nous même. Elle est également liée à notre besoin de reconnaissance extérieure et également en lien étroit avec la dépendance affective.
Mais la jalousie est souvent associée à la relation sentimentale et peut aussi se manifester dans d’autres circonstances.
Par exemple entre frère et sœur ou dans le contexte amical lorsque le – ou la – meilleur ami débute un nouveau loisir ou fait une rencontre. La jalousie peux alors s’activer et venir briser le lien d’amitié auparavant si important. Elle se manifeste également dans la vie de tous les jours dans le fait d’ENVIER une personne pour son apparence, son intelligence, sa personnalité.
Enfin dans un contexte professionnel en enviant le poste de quelqu’un ou la relation de confiance installée entre une personne et son supérieur.
La jalousie peut donc se manifester dans de nombreux contextes et nous sommes tous amenés à la connaître durant notre existence.
De l’admiration peut naître l’envie. De là découle la jalousie.
L’admiration dans sa définition est un sentiment de joie et d’épanouissement devant ce que l’on juge supérieurement beau et grand.
Admirer une personne, ou le bonheur d’un couple ne devrait donc pas engendrer l’envie ou la jalousie.
Envier quelqu’un n’est que le désir de prendre sa place afin d’être détenteur de son prestige ou de ses biens.
La pure admiration est un très bon moyen de se révéler à soi-même car lorsque l’admiration se manifeste, c’est le miroir entre soi et cette autre personne qui s’active, nous indiquant, de fait, que nous aussi possédons les mêmes capacités enfouies, rejetées ou non reconnues. C’est alors l’occasion d’aller chercher en soi ce que l’on admire chez l’autre.
La jalousie et/ou l’envie, sont extrêmement destructrices.
Je vais me concentrer sur la relation sentimentale car c’est à cet endroit qu’elle s’exprime le plus.
Cela ne détruit pas la personne qui est jalousée/enviée mais la personne qui ressent cette jalousie, ainsi que la relation car à travers l’expression de cette jalousie parfois excessive c’est une grande souffrance qui tente de s’exprimer. Celle de l’enfant intérieur notamment qui manque de sécurité, qui a tendance à ne pas se sentir à la hauteur car souvent cela lui a été dit dans l’enfance. Ou encore l’enfant qui s’est senti abandonné dans des moments de vie où le soutien et l’amour lui auraient été nécéssaires.
La jalousie renvoie au lien d’amour avec la mère, à la fusion, de l’enfant et de sa maman qui se crée dès la conception et se matérialise à la naissance. Le monde du nouveau-né tourne autour de la maman, le couple fusionnel est créé et devra se dissoudre afin de permettre à l’enfant de devenir un Etre à part entière. Cette étape est parfois compliquée et va venir alimenter la blessure d’abandon et le besoin de fusion avec les futurs partenaires. Créant ainsi des relations devenant toxiques pour la personne ressentant cette blessure et l’exprimant au travers de la jalousie et de la possessivité.
Ce sont aussi les premiers échec dans la vie qui s’expriment car il n’ont pas été transmutés. La première relation amoureuse, la première relation sexuelle, la première séparation.
Ce sont également les trahisons vécues à l’adolescence ou à l’âge adulte, trahisons de toutes sortes dans une relation sentimentale ou amicale qui vont provoquer au fil du temps un manque de confiance en soi et automatiquement en l’autre.
La jalousie est un mixte de plusieurs choses que chacun de nous exprime à sa manière.
Le besoin de contrôle sur le partenaire de vie par exemple. Savoir ou il/elle est, avec qui et pourquoi ? Fouillé son téléphone ou l’espionner sur les réseaux…
La critique, le commérage sur le voisin ou la voisine.
La jalousie est souvent difficile à reconnaitre en soi-même car elle fait naître chez la personne jalouse un sentiment de honte, reconnaitre que l’on peut être jaloux c’est exposer sa/ses « blessures ».
Elle est une Maladie d’amour, passant par un manque de reconnaissance et d’amour de soi.
Mettre de la conscience sur celle-ci permet de résoudre des problématiques bien plus profondes, parfois enfouies depuis longtemps. La vaincre demande de la patience et une guérison profonde.
Nos mécanismes de protections psychiques créent et entretiennent cette jalousie. Car comme vous l’avez compris, elle n’est que le sommet de l’iceberg et cache la source profonde de la souffrance. Notre cerveau cherche à nous protéger de notre corps émotionnel souffrant. Il vaut mieux, pour lui, être jaloux que de reconnaitre la souffrance vécue, l’accepter et la libérer. Ce que notre cerveau ne comprend pas toujours, c’est qu’à travers ce mécanisme de protection la souffrance continue de se créer.
Je n’écoute pas ma souffrance alors je me rejette.
Je ne m’autorise pas à me libérer de cette souffrance alors je m’abandonne.
Je ne reconnais pas cette souffrance vécue, alors je me trahis.
Refusant de le reconnaître, d’écouter, je deviens injuste envers moi-même et me rabaisse. Je m’humilie. Les schémas d’autodestruction apparaissent. Le jaloux passe de la posture de victime à celle de bourreau et éventuellement de sauveur pour la jalousie la plus excessive pouvant créer des comportements manipulateurs du type : faire culpabiliser son partenaire.
Ceci n’est qu’un exemple, les blessures étant liées les unes aux autres les phrases pourraient s’interchanger.
Nous ne sommes donc plus soumis à la blessure créée par la relation à autrui mais par la relation que l’on entretient avec nous-même.
L’impact sur le partenaire de vie
On parle souvent de la personne jalouse mais rarement des conséquences de cette jalousie sur le partenaire de vie qui pourtant en subit directement des impacts et va provoquer chez lui des réactions de méfiance dans ses relations futures si tel doit être le cas pour lui/elle.
Le partenaire de vie se sentant souvent contrôlé, surveillé, il ressent une perte de liberté voire de légitimité dans ses actions, le jaloux pouvant avoir tendance à la manipulation, le partenaire de vie peux en arriver à se soumettre en acceptant de satisfaire aux besoins excessifs et tentera de compenser comme il/elle le peut la frustrastion de son partenaire jaloux afin d’éviter les conflits et colères diverses provenant de celui-ci.
Nous ne sommes plus dans la relation amoureuse mais dans une relation devenue toxique.
Le partenaire de vie ayant subi la jalousie va développer une méfiance accrue de ses partenaires ayant peur à nouveau de revivre la même situation. Cela provoquera des blocages en lien avec l’amour et la confiance et ouvrira chez le partenaire aussi la blessure de trahison et d’humiliation.
La clé de la libération passe par la communication
Le jaloux maladif a souvent du mal à reconnaitre ses excès car pour lui son comportement est entré dans une normalité, la faute est donc rejetée sur le partenaire de vie qui ne satisfait pas à ses attentes/besoins d’être rassuré. La communication peut donc être difficile mais pas impossible.
Le jaloux moyen aura plus de facilité à reconnaitre son comportement, la communication pourra donc être ouverte par le partenaire afin de résoudre la situation parfois par une thérapie de couple ou un accompagnement individuel.
Dans tous les cas, la communication reste un des moyens les plus sains et surtout la base de la confiance dans un couple. Et il ne faut pas oublier qu’être un couple s’est d’abord être en couple avec soi-même; s’aimer, se respecter.
Il est important pour le jaloux ou le partenaire de vie subissant cette jalousie de reconnaitre la toxicité de ses comportements et si nécéssaire ne pas hésiter à demander de l’aide à un thérapeute pour guérir la source de cette jalousie, ou les impacts de celle subie.
Le conseil que je peux vous donner si vous ressentez en vous cette jalousie qu’elle soit maladive ou exceptionnelle, serait d’écrire vos souffrances vécues. Partez d’aujourd’hui et remontez au plus loin que vous le pouvez. Libérer les émotions qui se présentent à vous. Accueillez-les dans l’amour que vous méritez de recevoir. Câlinez-vous comme l’enfant aime l’être dans les bras de sa maman. Et surtout laissez-vous du temps. Ne culpabilisez pas de ressentir tout ces sentiments. Mettre de la conscience sur la blessure, le mécanisme et autres, c’est déjà avancer dans la guérison.
Je vous invite, pour aller plus loin, à lire cet article écrit par Anne Noé en 2009


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